Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/6_sites_ch/gresivaudan.html
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et le rebord subalpin de la Chartreuse
Entre Grenoble et Montmélian, la vallée
de l'Isère est dénommée Grésivaudan.
Ce n'est qu'un tronçon du sillon
subalpin, qui se poursuit vers le nord jusqu'à Albertville
par la Combe de Savoie et vers le sud-est par le Trièves
et le Champsaur avant de rejoindre le sillon de Gap.
C'est un vaste couloir dont le fond plat correspond au colmatage
alluvial d'une typique combe
monoclinale bien caractérisée. Cette dernière
a été ouverte par l'affouillement des Terres Noires
du Jurassique supérieur, pour la raison évidente
que celles-ci représentent la formation la plus "tendre"
de toutes celles qui affleurent entre le massif cristallin de
Belledonne et la Chartreuse (voir la coupe
générale).

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Le couloir du Grésivaudan, entre la Chartreuse et la
chaîne de Belledonne
vu du SW, depuis un avion de ligne, vers l'altitude de 8000 m.
La limite entre les collines bordières et la
plaine alluviale du Grésivaudan dessine une courbe relativement
pure. Ce tracé résulte surtout du calibrage de ce
versant de la vallée par le passage des glaciers quaternaires,
à la faveur du fait que la nature des roches y est peu
diversifiée. Il ne s'agit pas là d'une surface structurale.
En effet cette surface courbe recoupe les plis des collines bordières
(que leur inclinaison axiale fait en outre plonger tour à
tour, du sud au nord, sous la plaine alluviale).
On distingue, au sud de Domène, un des nombreux méandres
que décrit l'Isère dans sa plaine alluviale de colmatage
fluvio-lacustre.
Aucune explication tectonique n'est nécessaire pour
expliquer le tracé du Grésivaudan. Les quelques
tentatives faites en ce sens (basées avant tout sur le
postulat implicite que toute vallée serait dirigée
par un accident tectonique) se révèlent d'ailleurs
dénuées de fondements crédibles.
La combe du Grésivaudan, sans doute
ouverte originellement par l'érosion fluviatile, a évidemment
été fortement aménagée par le passage
des glaciers quaternaires. La langue glaciaire qui l'a parcourue
alors y a occasionné un "surcreusement" qui est
allé jusqu'à des profondeurs de plusieurs centaines
de mètres sous le niveau du colmatage alluvial actuel.
Puis la vallée a été remplie par un lac lorsque
les dernières langues glaciaires ont fondu, il y a environ
10.000 ans. Ce lac est maintenant totalement comblé d'alluvions
fluvio-lacustres, souvent limoneuses.
Une image approximative de l'aspect de la vallée
du Grésivaudan à l'époque du maximum de la
dernière glaciation (de Würm) (vue prise en direction
du nord, depuis la Croix de Chamrousse).
L'image du sommet du remplissage de la vallée
par la glace est donnée par la "mer de nuages"
qui occupe souvent cette vallée par temps froid anticyclonique
: le plafond des nuages de flanc de pente s'élevait, ce
jour là, à1200 m, ce qui est de très peu
inférieur au niveau qu'atteignait la surface du glacier
isérois il y a quelques 40.000 ans.
Du côté sud-oriental le Grésivaudan est séparé de
la chaîne de Belledonne par une ligne de
reliefs boisés, que les géologues qualifient de
"collines bordières". Elles
sont formées par le Jurassique moyen, qui est resté
en saillie parce que ce niveau est plus riche en bancs calcaires
que les Terres Noires.
Du côté nord-occidental le Grésivaudan est dominé par les pentes
les plus orientales de la Chartreuse, qui constituent le "rebord
subalpin". Il s'agit d'un
talus abrupt et haut de plus de 1500 m en moyenne, puisque son
sommet culmine aux alentours de 2000 m alors que la plaine alluviale
de l'Isère ne dépasse pas l'altitude de 250 m. Il
est constitué par la tranche d'un empilement de couches
qui va, de bas en haut, du Jurassique supérieur (Terres
Noires) au sommet du Crétacé inférieur
(Urgonien).
Entre Saint-Ismier et Chapareillan deux lignes
de falaises presque continues le soulignent, celle de l'Urgonien
et celle du Tithonique.
La corniche urgonienne se termine à la latitude de Saint-Ismier
avec le sommet de la Dent de Crolles. C'est la corniche du Tithonique
qui la relaye au sud de Saint-Ismier pour armer la ligne de crête,
qui court par le Saint-Eynard jusqu'à la Bastille (Grenoble).
Le rebord subalpin
chartreux
au nord
de Saint-Ismier

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Le rebord subalpin aux abords nord de Grenoble
vu du sud, de l'aplomb de Saint-Martin-d'Hères
Cette vue, orientée selon l'axe des plis de
la Chartreuse orientale, montre bien la manière dont ils
sont tranchés en biseau par le rebord subalpin.
Le tracé de ce rebord, comme celui du
Grésivaudan dans son ensemble, est tout à fait parallèle
à l'axe faîtier de la chaîne de Belledonne.
Il est par contre oblique aux plis de la Chartreuse orientale,
qui viennent successivement, du nord vers le sud, s'y faire trancher
en biseau.

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Relations géométriques entre le Grésivaudan
et les plis et décrochements de la Chartreuse orientale.
(schéma perspectif)
Le cisaillement dextre exprimé par le fonctionnement
des décrochements (demi-flèches de taille moyenne)
est (hypothétiquement) attribué à un coulissement
relatif de la chaîne de Belledonne par rapport à
la partie occidentale du massif de la Chartreuse (très
grandes demi-flèches). Un tel coulissement implique, du
fait de son obliquité par rapport aux axes des plis, une
composante de déplacement relatif vers l'ouest du massif
cristallin sous sa couverture.
Le schéma en cartouche montre que l'origine du rejet vertical
occasionné secondairement par les décrochements
est due à l'inclinaison vers l'ouest du vecteur déplacement.
Cette inclinaison serait due à ce que les décrochements
seraient associés à un mouvement relatif de la couverture
par rapport au socle, parallèlement à la surface
de ce dernier. C'est ce mouvement qui serait également
responsable du cisaillement en rétroverse (symbolisé
par les plus petites demi-flèches) qui affecte les plis
aux approches du massif cristallin.
Pour plus de développements consulter la publication
n° 142
Cette disposition résulte de ce que
les plis de Chartreuse sont moins méridiens (de près
de 35°) que l'axe de la chaîne de Belledonne. L'origine
de cette obliquité est à rechercher simplement dans
le fait (étayé par de multiples arguments) que ces
plis étaient déjà formés avant le
soulèvement de Belledonne, ce dernier n'étant intervenu
qu'ensuite pour basculer leurs axes

figure agrandissable |
Schéma en 4 étapes
montrant les relations entre le creusement du Grésivaudan
et la formation des reliefs de Chartreuse et de Belledonne.
(le nord est à gauche et l'allongement du bloc est perpendiculaire
à celui de la chaîne de Belledonne)
Ce schéma fait appel à l'intervention
d'une première phase d'érosion, aboutissant à
un aplanissement.
Celle-ci est sans doute intervenue au Quaternaire ancien, en
tous cas après le soulèvement de Belledonne et
avant le creusement du réseau hydrographique actuel.
Dans les deux étapes de gauche on a omis délibérément
de représenter les dépôts molassiques miocènes,
qui auraient masqué la structuration du mésozoïque
(et dont on ignore jusqu'où ils s'étaient avancés
en direction de l'est).
version plus grande de cette image
|
Contrairement à ce que certains avaient imaginé,
les plis des massifs subalpins septentrionaux ne peuvent donc
avoir été créés par le glissement
des couches sur la pente du socle cristallin en soulèvement.
De fait, au sud de Vizille, là où la couverture
sédimentaire de la chaîne de Belledonne n'est pas
érodée, on voit ces plis se poursuivre vers le sud-est,
en franchissant la voûte de la chaîne (c'est aussi
ce que font les plis du Vercors). Ces plis ne se disposent pas
non plus d'une façon telle qu'ils aient pu être créés
par un déplacement du socle cristallin de Belledonne vers
le nord-ouest, hypothèse que de nombreux autres arguments
viennent réfuter (voir les pages "chevauchement
des massifs cristallins externes" et "tectonique
des chaînes subalpines septentrionales").

figure
agrandissable
Vue d'ensemble du rebord subalpin chartreux et des deux rives
du Grésivaudan
vue prise du sud-est, depuis le sommet du Grand Serre.
En premier plan, l'extrémité méridionale
du massif cristallin de Belledonne s'abaisse doucement vers le
sud-ouest pour s'enfoncer sous sa couverture sédimentaire
(il disparaît ainsi sous le massif du Vercors).
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Carte géologique simplifiée
de la Chartreuse orientale aux alentours de Saint-Pierre-d'Entremont.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
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Carte géologique simplifiée
de la Chartreuse orientale aux alentours de la Dent de Crolles.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
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Carte géologique simplifiée
des montagnes au NE de Grenoble (côté Grésivaudan)
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
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cartes géologiques au 1/50.000°
à consulter : feuilles Grenoble, Domène et Montmélian
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