Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/belledonne/_lieux_SeptLaux/Rissiou.html

Rochers Rissiou

gorges de l'Eau d'Olle en aval du barrage de Grand-Maison

Le petit massif des Rochers Rissiou appartient géologiquement au massif de Belledonne, mais il en est séparé par la gorge de l'Eau d'Olle, qui s'engage vers l'ouest, dans le socle cristallin, immédiatement en aval du barrage de Grand Maison.


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L'extrémité septentrionale des Rochers Rissiou et l'entrée amont des gorges de l'Eau d'Olle
vues de l'est, depuis la Croix de Picheu (partie nord du massif des Grandes Rousses).
f.BE = faille bordière orientale de Belledonne (prolongement septentrional vraisemblable de la faille du col d'Ornon). Elle est vue ici en oblique par rapport à sa direction de sa surface de cassure (d'où les ondulations de son tracé).

Ce tracé hydrographique est assez paradoxal car l'Eau d'Olle aurait dû, plus logiquement, suivre la limite entre socle cristallin et couverture sédimentaire, qui coupe droit entre Grand Maison et Allemont. Faut-il penser qu'elle a suivi le cours d'une très ancienne vallée descendant directement vers le Grésivaudan par l'actuel pas de La Coche, lorsque les cours d'eaux qui descendaient orthogonalement au faîte de la chaîne alpine, encore peu encaissés, ne faisaient qu'égratigner la surface des blocs de socle cristallin ?.

L'éboulement du Maupas, en rive droite des gorges de l'Eau d'Olle.

vu du nord-ouest, depuis les abords orientaux du col de la Coche (pentes de la Pointe du Sifflet)

Cet éboulement date des années 1980 . Il a emporté et recouvert la route, que l'on a dû retracer en rive gauche de l'Eau d'Olle (droite du cliché).
Il s'est formé aux dépens du granite du coeur du pluton des Sept Laux.
Il résulte de l'arrachement d'un panneau rocheux dans la partie la plus abrupte des flancs de l'auge glaciaire aménagée par les glaciers qui ont emprunté la vallée.

On remarque que, en dépit de cette origine, la morphologie de cette vallée (semblable en cela à celles de la plupart des Alpes) n'est pas vraiment celle, classique, de la vallée en U, à fond plat.
En effet on voit sans ambiguïté que le fond est en V : ce profil est dû à la rencontre des jupes d'éboulis qui descendent des deux rives et masquent le modelé glaciaire originel du fond du bedrock*.

autre vue, montrant la localisation de ce site


L'entaille de la rivière pénètre profondément dans le granite des Sept Laux mais ce dernier n'affleure cependant pas sur les crêtes qui sont formées par les gneiss du flanc oriental du pluton.


version plus grande, muette, de cette image
La rive gauche de l'Eau d'Olle en aval du Rivier d'Allemont
vue du nord-ouest, depuis la Pointe du Scialet (crête de Ferrouillet).

f.BE = faille bordière orientale de Belledonne ; a.BE = accident de la Belle Étoile ; gn.mic = gneiss micacés du complexe d'Allemont et du Rocher Blanc.
La perspective masque le passage, derrière la Tête de Monvoisin et l'arête qui s'en élève vers le sommet du Rissiou, de la bande de gneiss leptynitiques qui flanque, du côté est, le pluton granitique des Sept Laux. Le contact (diffus dans le détail) entre gneiss et granite est marqué par une ligne de tirets pourpres.


À partir du Rivier d'Allemont la vallée reprend brutalement un cours N-S car elle est alors guidée par le grand accident de la Belle-Étoile, qui limite le pluton du côté ouest. Elle ne suit cependant le tracé de cet accident qu'avec un décalage de quelques centaines de mètres plus à l'ouest, à l'évidence parce que c'est de ce côté que se trouvent les terrains les moins résistants vis-à-vis de l'action mécanique des eaux.


Les Rochers Rissiou
vus du sud, depuis les pentes de l'Alpette d'Oz.

f.BE (tirets roses) = faille de la bordure orientale de Belledonne (des lambeaux de Trias, avec un peu de Lias, en série réduite, sont collés sur le socle de sa lèvre occidentale).
Les chloritoschistes de Vaujany se poursuivent vers le nord jusqu'au col du Sabot. Ils se rattachent là au bloc cristallin secondaire qui s'y individualise en se séparant de celui des Grandes Rousses.
Les tirets rouges jalonnent le tracé (souvent masqué ici) du contact des terrains sédimentaires sur le socle cristallin, au flanc ouest du Bloc des Grandes Rousses.


Du côté sud-est les Rochers Rissiou tombent assez brutalement sur la vallée de Vaujany : cet abrupt est clairement déterminé par le passage de la faille de la bordure orientale de Belledonne, qui représente le prolongement septentrional probable de celle du col d'Ornon.

Toutefois à l'extrémité méridionale de la crête des Rochers Rissiou (au nord du Verney), là où la faille de la bordure orientale de Belledonne rencontre le tracé - plus méridien - de l'accident de la Belle Étoile, on constate que les terrains sédimentaires de l'hémigraben de Bourg-d'Oisans s'engagent vers le nord en une apophyse bordant du côté ouest la dernière de ces deux cassures.
Cela peut suggérer que l'accident de la Belle Étoile représenterait le véritable prolongement septentrional de la faille du col d'Ornon et que cette dernière ne se prolongerait donc pas de façon simple par la faille de la bordure orientale de Belledonne. Mais on peut aussi penser que l'accident de la Belle Étoile a joué lui aussi en extension au Jurassique, en marge et latéralement par rapport à l'accident principal, qui serait bien représenté par la faille de la bordure orientale de Belledonne.
Cette seconde interprétation est plus vraisemblable, notamment parce que le tracé de la faille du col d'Ornon s'infléchit dans le sens horaire, entre Rochetaillée et Allemont et prend ainsi une direction azimutale N40, ce qui l'écarte de l'azimut, plus N-S, de l'accident de la Belle Étoile. D'autre part, à cette brève indentation près, le tracé de la limite socle - terrains sédimentaires semble bien se poursuivre sans déviation de part et d'autre de l'aboutissement dans la vallée de l'Eau d'Olle de l'accident de la Belle Étoile, témoignant ainsi de l'importance, secondaire à cet égard, de ce dernier accident.



N.B. sur tous les clichés de cette page le terme "gneiss leptynitiques" désigne les gneiss micacés anciens qui constituent l'encaissant du pluton des Sept Laux (ex "série brune").
Page d'introduction à la géologie de la chaîne de Belledonne au sens large.
aperçu d'ensemble sur le massif d'Allevard - Sept Laux

Cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Domène et Vizille


Sept Laux Grand Maison

Ferrouillet

LOCALITÉS VOISINES

(col du Sabot)

Grand Pic (Vaujany)
N.B. Les liens entre parenthèses sont des raccourcis qui font perdre la barre de boutons

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