Les Sept Laux |

La dépression des Sept Laux correspond approximativement à une bande d'affleurements granitiques, qui forment aussi son versant occidental (où les pentes s'élèvent de façon plutôt modérée, sans forts abrupts).
Une analyse plus précise des affleurements granitiques montre que l'on doit y distinguer une zone axiale, très homogène, qui se limite pratiquement aux abords immédiats des lacs, et une large zone périphérique (correspondant aux pentes des rives ouest et est) où l'on trouve des enclaves de gneiss et de roches basiques.
Par contre cette dépression est limitée du côté oriental par le chaînon plutôt acéré du Rocher Blanc, qui est formé par une bande gneissique. Le granite, bien que franc et massif, s'avère donc avoir offert moins de résistance à l'érosion que les roches métamorphiques* qui l'encadrent à l'est et à l'ouest (le seul site présentant des formes d'aiguilles évoquant le débit prismatique des massifs granitiques d'altitude est celui du Roc du Pendet, dont la silhouette n'est pas sans évoquer celle du Grépon).

Le comportement du granite des Sept Laux, lors de la formation du relief, paraît assez paradoxal puisqu'il a déterminé ici une zone déprimée, plutôt que des aiguilles acérées comme l'ont fait les granites des massifs de la Lauzière et du Mont Blanc. Sa cause ne saurait être recherchée dans un manque de "dureté" ni dans une fracturation particulièrement intense, car rien ne porte à lui attribuer de telles caractéristiques. Elle est donc énigmatique...
On serait tenté d'envisager que cette faiblesse, face
aux attaques de l'érosion, ait résidé dans
l'altérabilité des micas des granites. C'est en
effet une caractéristique courante de ces roches, qui a
pour effet de les transformer en une roche friable, puis en une
arène sableuse, lorsqu'elles sont soumises à une
érosion par altération (cas des granites de la Bretagne
ou du Massif Central).
Cela impliquerait que la dépression des Sept Laux, avant
de subir l'érosion de type actuel et notamment son creusement
par les glaciers, ait subi une érosion par altération
météorique, du même type que celle des massifs
hercyniens extérieurs au Alpes. Cela aurait provoqué
une assez profonde arènisation du massif granitique ainsi
mis à nu, facilitant son creusement ultérieur par
des agents à action plus linéaire, comme rivières
et glaciers. On retrouverait alors là, une nouvelle fois,
l'empreinte d'une phase ancienne d'érosion
par aplanissement. Toutefois on ne s'explique alors pas pourquoi
les autres massifs granitiques de la chaîne de Belledonne
auraient échappé à cette action.

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| LOCALITÉS VOISINES | Rocher Blanc |
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