Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/belledonne/_lieux_SeptLaux/sept_laux.html
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La dépression suspendue des
lacs et ses bordures
Le site des Sept Laux est une large dépression
orientée N-S, à fond presque plat, où s'aligne
un chapelet de lacs mais dont le plancher a une altitude supérieure
à 2000 m. Il est très clair, au vu de l'abondance
des roches moutonnées* qui en tapissent le fond et de l'orientation
le plus souvent longitudinale de celles-ci, que cette dépression
a été parcourue et affouillée par le passage
d'une langue glaciaire diffluente qui s'échappait vers
le nord du bassin de l'Eau d'Olle. Les lacs qui jalonnent la dépression
sur toute sa longueur sont autant de lacs de surcreusement séparés
par des petits verrous de roches moutonnées.
image sensible au survol et au clic

Les lacs des Sept Laux (versant nord du col)
vus du sud-est, depuis le Pic des Eustaches
N.B. Le lac Carré (voir cliché ci-après)
se situe immédiatement en arrière du Lac Cottepen
et se confond presque avec lui
La dépression des Sept Laux correspond
approximativement à une bande d'affleurements granitiques,
qui forment aussi son versant occidental (où les pentes
s'élèvent de façon plutôt modérée,
sans forts abrupts).
Une analyse plus précise des affleurements granitiques
montre que l'on doit y distinguer une zone axiale, très
homogène, qui se limite pratiquement aux abords immédiats
des lacs, et une large zone périphérique (correspondant
aux pentes des rives ouest et est) où l'on trouve des enclaves
de gneiss et de roches basiques.
Par contre cette dépression est limitée
du côté oriental par le chaînon plutôt
acéré du Rocher Blanc, qui est formé par
une bande gneissique. Le granite, bien que franc et massif, s'avère
donc avoir offert moins de résistance à l'érosion
que les roches métamorphiques* qui l'encadrent à
l'est et à l'ouest (le seul site présentant des
formes d'aiguilles évoquant le débit prismatique
des massifs granitiques d'altitude est celui du Roc du Pendet,
dont la silhouette n'est pas sans évoquer celle du Grépon).
image sensible au survol et au clic

La barrière orientale de la dépression
des Sept Laux vue de l'ouest, depuis l'extrémité occidentale de
la digue du lac Carré
noter en premier plan la surface arrondie de la roche
moutonnée qui se perd sous l'eau.
La limite supérieure des surfaces modelées en roches
moutonnées coïncide presque avec la limite granite - gneiss,
qui se marque par un changement de teinte des patines des roches.
Le comportement du granite des Sept Laux, lors
de la formation du relief, paraît assez paradoxal puisqu'il
a déterminé ici une zone déprimée,
plutôt que des aiguilles acérées comme l'ont
fait les granites des massifs de la Lauzière et du Mont Blanc. Sa cause ne saurait être recherchée
dans un manque de "dureté" ni dans une fracturation
particulièrement intense, car rien ne porte à lui
attribuer de telles caractéristiques. Elle est donc énigmatique...
On serait tenté d'envisager que cette faiblesse, face
aux attaques de l'érosion, ait résidé dans
l'altérabilité des micas des granites. C'est en
effet une caractéristique courante de ces roches, qui a
pour effet de les transformer en une roche friable, puis en une
arène sableuse, lorsqu'elles sont soumises à une
érosion par altération (cas des granites de la Bretagne
ou du Massif Central).
Cela impliquerait que la dépression des Sept Laux, avant
de subir l'érosion de type actuel et notamment son creusement
par les glaciers, ait subi une érosion par altération
météorique, du même type que celle des massifs
hercyniens extérieurs au Alpes. Cela aurait provoqué
une assez profonde arènisation du massif granitique ainsi
mis à nu, facilitant son creusement ultérieur par
des agents à action plus linéaire, comme rivières
et glaciers. On retrouverait alors là, une nouvelle fois,
l'empreinte d'une phase ancienne d'érosion
par aplanissement. Toutefois on ne s'explique alors pas pourquoi
les autres massifs granitiques de la chaîne de Belledonne
auraient échappé à cette action.

L'extrémité sud de la dépression
des Sept Laux vue du sud-ouest, depuis la Pointe du Scialet (crêtes NE
du Ferrouillet)
a.BE = accident de la Belle Étoile.
Le lac le plus méridional, celui de la Sagne, est encore
logé dans la partie suspendue, à fond presque horizontal,
de l'auge glaciaire. Mais le revers sud de son verrou a au contraire
une pente très accentuée qui tombe brutalement sur
la vallée de l'Eau d'Olle. Lors de son occupation par la
langue de glace qui s'échappait de la dépression
des lacs le paysage devait ressembler de près à
l'actuel glacier des Bossons, dans la vallée de Chamonix
actuelle.
Plus de détails sur l''éboulement
de la vallée de l'Eau d'Olle, entre le Maupas et le Rivier.
N.B. sur tous les
clichés de cette page le terme "gneiss leptynitiques"
désigne les gneiss anciens qui constituent l'encaissant
du pluton des Sept Laux (ex "série brune").


Carte géologique simplifiée des environs des Sept Laux
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest ; cartes voisines :
plus à l'est
plus au sud
Cartes géologiques
au 1/50.000° à consulter : feuilles Domène
et Saint-Jean de Maurienne
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