Les Sept Laux |
Le site des Sept Laux est une dépression orientée N-S, longue de 3 km et à largeur kilométrique, dont le plancher a une altitude supérieure à 2100 m. Ce dernier est globalement presque horizontal mais sa surface, mamelonnée, et semée de plus d'une dizaine de lacs qui la jalonnent dans le sens de sa longueur. Il est très clair que ces lacs, qui remplissent des dépressions de surcreusement qui ont été créées par un glacier et que cette dépression a été parcourue et affouillée par le passage d'une langue glaciaire diffluente qui se connectait vers le nord au glacier wurmien de l'Isère.
![]() Les lacs des Sept Laux, vus du sud (d'enfilade), d'avion. gn.biot. = gn.b = gneiss à mica biotite constituant l'encaissant du granite des Sept laux (= ex "série brune") ; gr.eg = granite clair (à deux micas) à enclaves gneissiques ; gr.eb = granite clair (à deux micas) à enclaves basiques ; gr.m = granite monzonitique du cœur du pluton. On remarque en outre sur ce cliché que le granite monzonitique du coeur du pluton* détermine une zone particulièrement évidée, bordée par un ressaut correspondant au rebord de son enveloppe de granite clair ... |
De fait ces lacs sont séparés par des petits verrous* de roches moutonnées* parfois garnies d'ébauches de crêtes morainiques (dont certains ont été reliés par des digues dans le cadre de l'aménagement hydro-électrique du secteur, de sorte que la superficie des lacs s'en est trouvée accrue par surélévation. On remarque en outre, que la surface des roches moutonnées présentent des abrupts d'arrachement qui regardent vers le sud, ce qui porte à penser que c'est depuis l'Isère que se faisait la diffluence au maximum de Würm. Enfin cette auge glaciaire* a sans doute été occupée plus tardivement par un plateau glaciaire suspendu d'où s'échappaient des langues descendant de part et d'autre (vers la Romanche au sud et surtout vers le Bréda au nord).
La dépression des Sept Laux correspond approximativement à une bande d'affleurements granitiques, qui forment aussi son versant occidental, où les pentes s'élèvent de façon plutôt modérée, sans forts abrupts jusqu'au Pic des Cabottes et à la crête de la Vache.
Une analyse plus précise des affleurements granitiques montre que l'on doit y distinguer une zone axiale, très homogène, qui se limite pratiquement aux abords immédiats des lacs, constituée de granite monzonitique (à biotite) à grain moyen, et une large enveloppe (correspondant aux pentes des rives ouest et est) formée par un granite clair, à biotite et à muscovite, dont le grain est variable. Cette zone périphérique contient des enclaves de toutes tailles réparties plus ou moins capricieusement : au pourtour du noyau homogène il s'agit d'enclaves de roches basiques sombres ("vaugnerites", roches rapportables à des diorites potassiques), très riches en cristaux de mica noir biotite. La partie externe de la zone périphérique comporte au contraire des enclaves de gneiss, de taille décimétrique à décamétrique, ce qui en fait une zone de transition avec les gneiss "biotitiques" encaissants. |
Le relief du plateau des Sept Laux et de ses abords montre que le granite, bien que franc et massif, s'avère avoir offert moins de résistance à l'érosion que les roches métamorphiques* qui l'encadrent à l'est et à l'ouest (le seul site présentant des formes d'aiguilles évoquant le débit prismatique des massifs granitiques d'altitude est celui du Roc du Pendet, dont la silhouette n'est pas sans évoquer celle du Grépon). Ceci semble d'ailleurs lié à la nature minéralogique de la roche, puisque la variété monzonitique du cœur du pluton* est bordée par un escarpement de granite à deux micas.
Ce comportement du granite des Sept Laux, lors de la formation du relief, paraît assez paradoxal puisqu'il a déterminé ici une zone déprimée, plutôt que des aiguilles acérées comme l'ont fait les granites des massifs de la Lauzière et du Mont Blanc. La cause de ce fait ne saurait être recherchée dans un manque de "dureté" ni dans une fracturation particulièrement intense, car rien ne porte à lui attribuer de telles caractéristiques. Elle est donc énigmatique...
On serait tenté d'envisager que cette faiblesse de résistance
aux attaques de l'érosion, ait résidé dans
l'altérabilité des micas des granites. C'est en
effet une caractéristique courante de ces roches, qui a
pour effet de les transformer en une roche friable, puis en une
arène sableuse, lorsqu'elles sont soumises à une
érosion par altération (cas des granites de la Bretagne
ou du Massif Central). |
Du côté oriental la dépression des lacs est limitée par le chaînon du Rocher Blanc, plutôt
acéré, qui est formé par
une bande gneissique qui se poursuit jusqu'à la vallée de l'Eau d'Olle (dont le cours décrit un détour marqué vers le sud pour parvenir à la franchir).
La bande granitique, quand à elle, détermine en rive droite de la rivière un escarpements rocheux qu'entaillent des cascades : son origine semble plutôt avoir été déterminée par un raccord latéral au glacier qui devait occuper la vallée de l'Eau d'Olle à un moindre niveau.
![]() L'extrémité sud de la dépression des Sept Laux vue du sud-ouest, depuis la Pointe du Scialet (crêtes NE du Ferrouillet) a.bE = accident de la Belle Étoile ; gn.biot. = gn.b = gneiss à mica biotite constituant l'encaissant du granite des Sept laux (= ex "série brune") ; gr.eg = granite à deux micas à enclaves gneissiques ; gr.eb = granite à deux micas à enclaves basiques ; gr.m = granite monzonitique du cœur du pluton. Le col de la Vache et le col de l'Homme jalonnent la crête de rive droite du ravin des Sept Laux et masquent le fond de ce dernier (sauf à son extrémité inférieure, où il est coupé par l'ancien tracé de la D.526). Le lac le plus méridional, celui de la Sagne, est encore logé dans la partie suspendue, à fond presque horizontal, de l'auge glaciaire des lacs. Mais le revers sud de son verrou a, au contraire, une pente très accentuée qui tombe brutalement sur la vallée de l'Eau d'Olle : e'est à ses dépens que s'est produit l'éboulement de rive droite de la vallée de l'Eau d'Olle, représenté au cliché suivant. |
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L'éboulement du Maupas, en rive droite des gorges de l'Eau d'Olle, vu du nord-ouest, depuis les abords orientaux du col de la Coche (pentes de la Pointe du Sifflet) Cet éboulement date des années 1980. Il a emporté
et recouvert la route, que l'on a dû retracer en rive gauche
de l'Eau d'Olle (droite du cliché). On remarque que la morphologie
de cette vallée n'est pas celle, classique, de
la vallée en U, à fond plat. |
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En dépit de son apparente évidence l'étymologie du toponyme "Sept Laux" apparait n'avoir, en réalité, aucun rapport avec la présence de ces lacs. D'après un document de communication "EDF - Pôle Industrie UP Alpes - Groupe d'exploitation hydraulique Vallée de la Maurienne" (voir Wikipedia), cet ensemble de sommets et de lacs a d'abord été connu sous le nom de « montagne abîmée » en 1622, puis de Cælo sur la carte de Tillemon en 1690 (en latin = « du ciel »). Enfin, en 1803, le comte de Barral fit dresser une carte pour figurer dans son contrat de 2e mariage où l'on trouve l'orthographe Ceylau qui, déformée phonétiquement, devint Sept Laux. |


Carte géologique simplifiée des environs des Sept Laux
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest ; cartes voisines :
plus à l'est
plus au sud
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| Prapoutel | LOCALITÉS VOISINES | Rocher Blanc |
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Sept Laux |
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