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Les Sept Laux

La dépression suspendue des lacs et ses bordures

Le site des Sept Laux est une large dépression orientée N-S, à fond presque plat, où s'aligne un chapelet de lacs mais dont le plancher a une altitude supérieure à 2000 m. Il est très clair, au vu de l'abondance des roches moutonnées* qui en tapissent le fond et de l'orientation le plus souvent longitudinale de celles-ci, que cette dépression a été parcourue et affouillée par le passage d'une langue glaciaire diffluente qui s'échappait vers le nord du bassin de l'Eau d'Olle. Les lacs qui jalonnent la dépression sur toute sa longueur sont autant de lacs de surcreusement séparés par des petits verrous de roches moutonnées.

image sensible au survol et au clic

Les lacs des Sept Laux (versant nord du col) vus du sud-est, depuis le Pic des Eustaches
N.B.
Le lac Carré (voir cliché ci-après) se situe immédiatement en arrière du Lac Cottepen et se confond presque avec lui


La dépression des Sept Laux correspond approximativement à une bande d'affleurements granitiques, qui forment aussi son versant occidental (où les pentes s'élèvent de façon plutôt modérée, sans forts abrupts).

Une analyse plus précise des affleurements granitiques montre que l'on doit y distinguer une zone axiale, très homogène, qui se limite pratiquement aux abords immédiats des lacs, et une large zone périphérique (correspondant aux pentes des rives ouest et est) où l'on trouve des enclaves de gneiss et de roches basiques.

Par contre cette dépression est limitée du côté oriental par le chaînon plutôt acéré du Rocher Blanc, qui est formé par une bande gneissique. Le granite, bien que franc et massif, s'avère donc avoir offert moins de résistance à l'érosion que les roches métamorphiques* qui l'encadrent à l'est et à l'ouest (le seul site présentant des formes d'aiguilles évoquant le débit prismatique des massifs granitiques d'altitude est celui du Roc du Pendet, dont la silhouette n'est pas sans évoquer celle du Grépon).

image sensible au survol et au clic

La barrière orientale de la dépression des Sept Laux vue de l'ouest, depuis l'extrémité occidentale de la digue du lac Carré
noter en premier plan la surface arrondie de la roche moutonnée qui se perd sous l'eau.
La limite supérieure des surfaces modelées en roches moutonnées coïncide presque avec la limite granite - gneiss, qui se marque par un changement de teinte des patines des roches.


Le comportement du granite des Sept Laux, lors de la formation du relief, paraît assez paradoxal puisqu'il a déterminé ici une zone déprimée, plutôt que des aiguilles acérées comme l'ont fait les granites des massifs de la Lauzière et du Mont Blanc. Sa cause ne saurait être recherchée dans un manque de "dureté" ni dans une fracturation particulièrement intense, car rien ne porte à lui attribuer de telles caractéristiques. Elle est donc énigmatique...

On serait tenté d'envisager que cette faiblesse, face aux attaques de l'érosion, ait résidé dans l'altérabilité des micas des granites. C'est en effet une caractéristique courante de ces roches, qui a pour effet de les transformer en une roche friable, puis en une arène sableuse, lorsqu'elles sont soumises à une érosion par altération (cas des granites de la Bretagne ou du Massif Central).
Cela impliquerait que la dépression des Sept Laux, avant de subir l'érosion de type actuel et notamment son creusement par les glaciers, ait subi une érosion par altération météorique, du même type que celle des massifs hercyniens extérieurs au Alpes. Cela aurait provoqué une assez profonde arènisation du massif granitique ainsi mis à nu, facilitant son creusement ultérieur par des agents à action plus linéaire, comme rivières et glaciers. On retrouverait alors là, une nouvelle fois, l'empreinte d'une phase ancienne d'érosion par aplanissement. Toutefois on ne s'explique alors pas pourquoi les autres massifs granitiques de la chaîne de Belledonne auraient échappé à cette action.


L'extrémité sud de la dépression des Sept Laux vue du sud-ouest, depuis la Pointe du Scialet (crêtes NE du Ferrouillet)
a.BE = accident de la Belle Étoile.
Le lac le plus méridional, celui de la Sagne, est encore logé dans la partie suspendue, à fond presque horizontal, de l'auge glaciaire. Mais le revers sud de son verrou a au contraire une pente très accentuée qui tombe brutalement sur la vallée de l'Eau d'Olle. Lors de son occupation par la langue de glace qui s'échappait de la dépression des lacs le paysage devait ressembler de près à l'actuel glacier des Bossons, dans la vallée de Chamonix actuelle.
Plus de détails sur l''éboulement de la vallée de l'Eau d'Olle, entre le Maupas et le Rivier.


N.B. sur tous les clichés de cette page le terme "gneiss leptynitiques" désigne les gneiss anciens qui constituent l'encaissant du pluton des Sept Laux (ex "série brune").


Carte géologique simplifiée des environs des Sept Laux

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest ; cartes voisines : plus à l'est
plus au sud

Page d'introduction à la géologie de la chaîne de Belledonne au sens large.
aperçu d'ensemble sur le massif d'Allevard - Sept Laux

Cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Domène et Saint-Jean de Maurienne

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