Megève |
La localité de Megève est située
dans le sillon qui sépare le Beaufortain nord-occidental
des contreforts orientaux de la chaîne des Aravis. Elle y occupe un
large col entre la vallée de l'Arve au nord et la haute
vallée de l'Arly au sud.
L'érosion y perce la couverture sédimentaire comme
elle le fait, plus au nord-est, dans le Val Montjoie (Les Contamines),
et met à jour le socle cristallin du versant occidental
du rameau externe de Belledonne, qui apparaît dans une "boutonnière"
cernée par les terrains sédimentaires.

Les pentes des montagnes qui encadrent cette dépression, crêtes de Croise Baulet à l'ouest et chaînon du Mont Joly à l'est, sont assez douces car exclusivement formées de couches argilo-calcaires d'âge Jurassique inférieur (Lias) à moyen (Dogger), où ne s'individualisent guère, sous forme d'abrupts plus marqués, que les niveaux plus résistants du Lias moyen et du Bajocien.

Globalement les couches y sont disposées
de façon sub-horizontale, comme s'il n'y avait là
qu'une succession sédimentaire non déformée.
Toutefois on y observe la répétition de certains
niveaux stratigraphiques ce qui montre que cette succession est
affectée d'accident tectoniques.
En fait les deux versants de la dépression de Megève
révèlent un style tectonique en bandes plissées
alternant avec des surfaces de chevauchement plates, qui ressemble
bien à celui qui est plus clairement observable sur la
rive
est de la cluse de l'Arve, mais dont la mise en évidence
est ici plus laborieuse en raisons des mauvaises conditions d'affleurement.
Il est, en particulier, difficile de distinguer ce qui, dans la
structure des environs de Megève, relève de plis
couchés et/ou de chevauchements.
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Dans une étude datant de1990, J.L.Epard distingue, du haut vers le bas, une "unité du Mont-Joly", qui serait un anticlinorium couché, un "synclinal du Mont d'Arbois", à coeur de schistes du Toarcien et de l'Aalénien, puis une "unité du Sangle" formée de Lias calcaire en série renversée, qui serait le flanc inverse d'un pli-couché très aplati, dont le plan axial est jalonné par la ligne de tirets blancs sur le cliché ci-après (cette interprétation se base notamment sur les observations que l'on peut faire dans le secteur du col de Véry). Le tout reposerait, par une surface de chevauchement, sur une lame de carbonifère et de Trias, l'"unité de Vervex", elle même décollée et trainée sur le socle autochtone (qui affleure à Megève même). |
Même le contact des terrains sédimentaires avec le socle cristallin, qui se fait par l'intermédiaire de couches triasiques et qui semble donc correspondre à une succession stratigraphique normale, s'avère avoir été également l'objet d'une déformation cisaillante, parallèle à l'interface socle - couverture.

Cette disposition tectonique prouve qu'aux environs de Megève il n'y a aucune relation entre la déformation de la couverture sédimentaire et un hypothétique chevauchement du socle cristallin de la chaîne de Belledonne. Elle met en évidence, au contraire, que cette déformation de la couverture est due à son déplacement indépendant, au dessus du socle, dans un mouvement grossièrement tangentiel à la surface de ce dernier.

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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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