Megève - Val Montjoie
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Les confins du Beaufortain septentrional et du massif du Mont-Blanc vus du nord-ouest, depuis le sommet de Croise Baulet (revers oriental
des crêtes des Aravis).
(la crête herbeuse de premier plan est celle qui va du col
de l'Avénaz au Petit Croise Baulet, à l'extrême
droite)
Le "synclinal de Chamonix" s'engage vers
la droite dans la vallée de Montjoie, pour passer en arrière
de la crête du Mont Joly.
La ligne de tirets rouges représente l'interface socle
- couverture (= surface de la pénéplaine anté-triasique)
; pour la boutonnière de Megève la fermeture de
son tracé est masquée par l'avant-plan de la crête
des Salles.
La ligne de forts tirets blancs représente la surface de
chevauchement de l'unité du Mont Joly.
On a coutume de considérer, en première approximation, que le massif des Aiguilles Rouges représente le prolongement septentrional du rameau externe de Belledonne et que celui du Mont-Blanc prolonge le rameau interne de Belledonne.
Toutefois il n'y a pas de véritable continuité
entre les deux rameaux de Belledonne et les deux massifs censés
les prolonger au nord de l'ensellement des Contamines. En outre
diverses considérations conduisent à nuancer ces
corrélations :
- en ce qui concerne la nature du matériel cristallin,
la constitution du massif des Aiguilles Rouges ressemble plus
à celle du rameau interne de Belledonne qu'à celle
du rameau externe. Toutefois ce changement semble se produire
à la faveur d'un accident oblique, d'âge hercynien
(et non alpin).
- pour ce qui est de la structure alpine, les blocs cristallins
découpés dans le massif du Mont-Blanc par les failles
d'extension secondaires disparaissent vers le sud, sous leur couverture
sédimentaire et sous les imbrications tectoniques qui recouvrent
cette dernière. Pour ce qui est des blocs du rameau occidental
du Mont-Blanc, bien qu'ils ne montrent pas leur raccord avec les
blocs les plus orientaux du Beaufortain septentrional leur prolongement
par ceux-ci est très vraisemblable car le hiatus d'observation
est peu important : ils correspondent donc au rameau interne de
Belledonne. Par contre le socle cristallin de la partie orientale
du massif du Mont-Blanc s'ennoie clairement sous des terrains
sédimentaires (unités de Roselend et de la Gitte) qui appartiennent à la zone dauphinoise
orientale, c'est-à-dire dans un domaine encore plus oriental que
celui de Belledonne interne. Le cristallin du sommet et de la
masse principale du Mont-Blanc ne saurait donc se raccorder à
ce socle de Belledonne interne : il trouverait plutôt son
prolongement méridional dans les blocs dauphinois plus orientaux du Grand Châtelard,
en Maurienne, et des Grandes Rousses, plus au sud.
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Le massif du Mont Blanc et le Beaufortain nord- occidental, vus du SW depuis un avion de ligne (cliché original obligeamment communiqué par M. Philippe Journet).
f.C = faille de Chamonix ; a.mB = accident médian de Belledonne ; en bleu le matériel sédimentaire dauphinois , en jaune le socle cristallin (à l'extrême gauche le bloc des Aiguilles Rouges).
Les failles extensives limitant les petits blocs qui découpent le rameau interne de Belledonne sont tranchées obliquement par l'accident médian (sous la couverture sédimentaire) entre vallée du Dorinet et Val Montjoie. Le bloc du Mont Blanc se prolonge vers le sud plus à l'est que le rameau interne de Belledonne, sous le sédimentaire de l'Unité de Roselend.
En coupe transversale la couverture sédimentaire de ce secteur montre une remarquable différence de structure entre deux domaines justaposés qui correspondent respectivement à la voûte de Belledonne externe (où le cristallin perce en boutonnière aux abords de Megève) et au prolongement méridional du "synclinal de Chamonix" (lequel passe aux abords du col du Joly et se prolonge en suivant à peu près la vallée d'Hauteluce) :


- Sur la voûte du rameau externe de Belledonne les
couches sont disposées dans l'ensemble avec un très
faible pendage vers l'est mais sont affectées de plis déversés
à couchés (le plus souvent de taille décamétrique
à hectométrique), qui s'organisent en bandes
plissées, qui recoupent les couches à angle
aigu.
On discute encore pour savoir si les répétitions
qui affectent leur empilement (illusoirement calme) résultent
de vastes plis couchés ou de chevauchements par cassures
plates**.
Quoiqu'il en soit la structure de ce domaine s'avère dominée
par une déformation en cisaillement selon des plans proches
de l'horizontale.
**pour ce qu'en
connaît l'auteur de ce site, la seconde hypothèse
s'accorde bien avec de nombreux faits d'observation, mais la première
a la faveur des auteurs qui ont récemment étudié
la région à l'échelle du lever cartographique.
Il apparaît en définitive que les deux types de structures
semblent bien y cohabiter (voir les pages consacrées au
revers oriental des Aravis et aux massifs de Sixt et de Platé) .
- La dépression structurale de Montjoie
- Hauteluce - Beaufort (prolongement méridional du
"synclinal de Chamonix") représente un ancien
hémigraben* au flanc ouest d'un bloc constitué par
le massif du Mont-Blanc. Son contenu sédimentaire montre
au contraire des couches très redressées, formant
des plis aigus, pincés en profondeur entre les petits blocs
secondaires de socle cristallin dans lesquels se résout
ici le socle du rameau interne de Belledonne. Ici la déformation
est donc, au contraire, régie par un écrasement
horizontal avec allongement dans le plan vertical.
L'observation de terrain permet de constater sans ambiguité
le raccord, par incurvation, entre les plis à axe subvertical
du flanc ouest du massif du Mont-Blanc et les imbrications couchées
du secteur mégevan.
On a proposé (J.L.Epard, 1990) d'interpréter cette disposition comme le résultat
d'une torsion tardive par un pli rétrodéversé
affectant la surface du socle cristallin. En fait elle traduit
surtout un changement de régime tectonique, de bas en haut,
fait que l'on observe, plus au sud, sur toutes les sections des
massifs cristallins externes où les rapports socle - couverture
sont observables sur une dénivellation suffisante.
Elle correspond plutôt au schéma ci-après,
qui invoque l'intervention une déformation par cisaillement
de la couverture, tangentiellement à la courbe enveloppe
de la surface d'ensemble du socle cristallin et, indépendamment,un
serrage des anciens hémigrabens qui expulse leur contenu
vers le haut (ces deux phénomènes, mécaniquement
distincts, ne sont pas nécessairement successifs : ils
ont même pu intervenir en même temps).

En fait il y a continuité, par delà la coupure de la vallée de l'Arly, entre la couverture du massif cristallin du secteur de Megève et le soubassement du massif des Aravis. Les figures ci-après explicitent et illustrent cette remarque.

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version plus grande u.J = unité du Joly ; u.mA = unité du Mont d'Arbois ; u.S = unité du Sangle (interprétation J.L. Epard) ; u.R = unité de Roselend - Roselette ; f.C = faille de Chamonix. |
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