Mont de Vorès - col de Véry |
Le prolongement vers l'ouest de la crête de l'Aiguille Croche entre la haute vallée de l'Arly (Megève) de celle d'Hauteluce (Le Dorinet) correspond à une zone d'alpages à relief très mou.

La structure de la montagne se caractérise par la superposition de 3 ensembles qui se distinguent relativement bien dans le paysage, malgré la faiblesse des différences entre les faciès de leurs roches :
a - des escarpements et des crêtes acérées de Lias calcaire, qui poursuivent ceux du Mont-Joly et de l'Aiguille Croche. La disposition en plis couchés plus ou moins rompus, admise par les auteurs récents n'y est pas évidente, les couches paraissant disposées de façon très parallèle sur toute la hauteur des escarpements.
b - un talus de schistes du Lias supérieur
- Dogger, dans lequel est ouvert le col de Véry et qui
se poursuit au Mont de Vorès. Il est attribué au
coeur d'un "synclinal couché du Mont d'Arbois".
Mais il n'est nullement évident que le contact avec l'ensemble
supérieur ne soit pas un chevauchement, comme indiqué
sur la carte géologique et rien dans la disposition de
la schistosité, uniformément pentée à
l'est de 30 à 50° ne marque une disposition synclinale.
Sur le versant sud-est de la montagne (versant Dorinet) une lame
discontinue de cargneules et de dolomies triasiques court à
la base de cet ensemble, soulignant sa limite avec le suivant.
Sa disposition exclut d'y voir des klippes flottantes d'une nappe
démantelée par l'érosion (comme indiqué
sur la carte géologique, feuille Saint-Gervais).
Cette lame de cargneules est interprétée par
J.L. EPARD comme le coeur d'un anticlinal couché aplati
et étiré mais ses contacts avec les strates sous-jacentes
son souvent sécants et les quelques plis visibles dans
ces dernières (par exemple dans le ravin de la Chaudanne,
à l'est des Lanches de Belleville) ne sont aucunement des
plis couchés.
Cette lame se raccorde du côté oriental à
des amas plus importants de matériel
triasique, qui constituent l'enveloppe sédimentaire directe
des blocs sous-jacents de socle cristallin.
c - l'ensemble inférieur débute par une succession renversée allant du Lias inférieur (en haut) à l'Aalénien (en bas), appelée "unité du Sangle" (du nom de la butte située au nord du Mont de Vorès). Elle repose sur la série autochtone, à l'endroit, des Saisies, sans que l'on puisse dire si la bande de Lias schisteux qui les sépare représente vraiment le coeur d'un synclinal couché.


Les plis couchés qui constituent, selon
J.L.Epard, le trait fondamental de la structure tectonique du
massif du Joly sont très aplatis. Ils seraient, en outre,
replissés par des plis de deuxième phase déversés
vers l'ouest (par exemple à l'ouest du col
du Joly le trias du coeur du pli couché de l'Aiguille
Croche affleure au coeur de synformes* dessinées par le
flanc inverse du pli de 1° phase).
Ce serait ce reploiement par un pli très déversé
qui expliquerait, selon J.L.Epard, la répartition des affleurements
de Trias sur le flanc sud-est du Mont de Vorès (où
toutefois l'importance des zones masquées par l'alpage
et par les glissements de versants rend la structure beaucoup
plus difficile à voir).


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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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