Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/h_mt_blanc/_lieux/mt_blanc_lieux/aig_croche.html
L'Aiguille Croche est le point culminant méridional
du chaînon du Mont Joly. Elle se situe à l'endroit
où ce dernier s'oriente vers l'ouest pour séparer
la haute vallée de l'Arly (Megève) de celle d'Hauteluce
(Le Dorinet).

version plus grande muette de cette image
Le versant nord-ouest de la crête de l'Aiguille Croche
vu de l'ouest, depuis le Mont de Vorès
Ce versant montre un beau parallèlisme des couches
calcaires, qui pendent doucement vers le NW.
Ceci peut être illusoire et masquer des plis couchés,
comme le suggère la bande de Trias qui traverse la face
sud-ouest. En ce cas il s'agit de plis fort aplatis, dont les
charnières sont totalement invisibles...
En outre il semble que cette succession soit au moins redoublée
par une surface de chevauchement, qui passerait au sommet des
abrupts du point coté 2283 de l'arête ouest, et peut-être
par une autre passant à mi-hauteur de ces abrupts (voir
ci-après)
on trouvera une vue d'ensemble
du versant nord de la montagne et de ses rapports avec le Mont
Joly à la page "Megève"
La structure de la montagne poursuit celle
du Mont-Joly à ceci près
que l'on y trouve, à flanc de son versant sud et est, une
lame de Trias (principalement formée de dolomies cargneulisés).
Elle est interprétée par les auteurs les plus récents
comme le coeurs d'un anticlinal couché (plus ou moins rompu
?). En tous cas les affleurements triasiques de pentes proches
du col du Joly ne sont pas des klippes flottantes d'une nappe
démantelée par l'érosion (comme l'indique
la carte géologique Saint-Gervais).
Ces lames se raccordent du côté sud-est (col
du Joly) à des amas plus importants de matériel
triasique, qui se connectent à l'enveloppe sédimentaire
autochtone des blocs de socle cristallin sous-jacents. Ce raccord
s'accompagne d'une inflexion importante des contacts entre les
formations, qui passent d'une disposition sub-horizontale à
sub-verticale.
Ce changement d'attitude peut être attribué au
ploiement (tardif) de la voûte du massif cristallin de Belledonne
- Aiguilles rouges. Mais il est certainement dû aussi, pour
une large part, au changement de niveau dans l'édifice
structural, qui fait passer de la tectonique du socle, à
larges voussures séparées par des cassures sub-verticales,
à celle de la couverture où prédominent l'aplatissement
et le cisaillement sub-horizontal du matériel sédimentaire
(ce style se poursuit en effet bien loin, à l'est de la
zone du col du Joly, où s'enracinent les plis du chaînon
du Joly).
Quoi qu'il en soit, le secteur des basses pentes
de l'Aiguille Croche est remarquable en ceci que l'on y peut observer
les modalités du passage de la tectonique du socle à
celle de la couverture (pour un exposé plus
circonstancié sur ce sujet, se reporter à la page
d'aperçu
tectonique).

version plus
grande, muette, de cette image
L'aiguille Croche, versant sud (haut vallon d'Hauteluce)
vue du sud-ouest, depuis la rive occidentale du lac de la Girotte.
u.J = unité du Joly : elle est
vraisemblablement limitée à sa partie inférieure
par une surface de chevauchement (ØJ) et au moins
redoublée par une surface de chevauchement, qui passerait
peu sous les sommets cotés 2283 et 2282 de l'arête
ouest.
Elle héberge une lame de matériel triasique qui
affleure sur l'arête ouest de l'Aiguille Croche et qui se
dispose de façon telle qu'elle doit se raccorder à
l'importante masse de cargneules du col du Joly, qui affleure
immédiatement à droite des limites du cliché.
u.mA = unité du Mont d'Arbois : son Lias
supérieur (schistes Aaléniens et toarciens) repose
ici directement sur la lame triasique du col de Véry. Son
extrémité orientale est masquée sous des
formations quaternaires et l'on ne sait donc pas comment elle
se termine du côté oriental (par biseautage tectonique
ou par charnière synclinale ?).
La lame triasique du col de Véry
s'épaissit ici pour former une grande partie des pentes
de Gibloux, puis traverse les pentes des Aiguilles et se raccorde
là aux affleurements qui enveloppent l'extrémité
septentrionale du bloc cristallin d'Outray occidental (micaschistes
chloriteux de la forêt du Revers).

version plus
grande
Coupe le long de la crête du col du Joly (extrait de J.C.Barféty, 1988)
1 et 2 = Trias (avec gypses) ; 3 = Hettangien ; 4 =
Sinémurien ; 5 = Lotharingien - Carixien.
Cette coupe (antérieure au travail de J.L. Epard)
localise les points de récolte de fossiles hettangiens
(symboles cerclés) qui prouvent qu'au nord-ouest du col
du Joly le Trias affleure là en série renversée
(il ne repose pas en chevauchement sur de l'Aalénien comme
l'indique la feuille Saint-Gervais).
L'interprétation proposée par J.L.Epard est que
ces affleurements représentent le coeur d'un anticlinal
couché très aplati et se prolongent par la lame
triasique qui passe sous le sommet de l'Aiguille Croche (non indiquée
ici) : ce pli de première phase aurait été
replissé par des plis mineurs, de deuxième phase,
déversés vers l'ouest.
N.B. : Dans le soubassement de l'Aiguille Croche le dessin de
la tectonique n'est guère en accord avec les observations
que permet l'examen de la face sud de la montagne (cf. ci-après). Par ailleurs,
au sud du col du Joly, la répétition alternée
de lames de Lias et de Trias gypsifère est attribuée
à des imbrications secondaires, ce qui ne paraît
guère traduire la structure réelle de ce secteur,
plus proche de la coupe schématique suivante.

image plus grande >
(nouvelle
fenêtre)
Schéma d'ensemble de la structure du secteur au sud-est
de Megève
Pour améliorer la lisibilité les hauteurs
sont exagérées de presque 2 fois.
u.J = unité du Mont-Joly ; u.mA
= unité du Mont d'Arbois ; u.S = unité du
Sangle ; u.R = unités de Roselette et de Roselend.
La lame de de carbonifère et de Trias de l''unité
de Vervex", matérialiserait une surface de chevauchement
séparant la couverture, entraînée vers l'ouest
par les charriages, de son socle autochtone.
f.C = prolongement méridional de la faille de Chamonix
= prolongement septentrional de l'accident médian de Belledonne.
Ce schéma se base sur l'interprétation
de J.L. Epard en y apportant quelques retouches et des simplifications.
La structure de détail de la partie
inférieure et moyenne des abrupts de l'Aiguille Croche
n'est pas encore connue de façon certaine : la part des
plis couchés et des imbrications par chevauchement au sein
de la succession liasique n'y est pas clairement établie.
|
Les observations à distance faites
à la jumelle suggèrent l'existence de deux à
trois surfaces de chevauchement, qui y sont repérables
par des biseautages de couches.

même fenêtre
< image plus grande, avec ses annotations > nouvelle
fenêtre
Les abrupts du versant sud de l'Aiguille Croche
vus du sud-ouest (dans l'axe des plis), depuis Les Gibloux. Le
cadre délimite la portion agrandie sur le cliché
suivant (secteur localisé par l'astérique blanc
sur le cliché ci-dessus).
Les attributions stratigraphiques sont totalement
hypothétiques, sauf pour le lias schisteux (Do-To)
des basses pentes et pour l'Hettangien qui encadre la lame de
Trias des pentes supérieures.
Ø1, Ø2, Ø3 = surfaces
de discontinité dans la géométrie de l'empilement
des strates (s0) = chevauchements probables ; Ø3
correspond à la lame de Trias : celle-ci est tellement
mince et calibrée qu'il est peu probable qu'elle n'ait
pas été utilisée comme surface de glissement
(même s'il s'agit originellement d'un coeur de pli-couché).
ØJ? = surface limite (chevauchement ?) entre l'unité
du Joly (en haut) et l'unité du Mont d'Arbois (en bas).
Détail de quelques dislocations observables
dans le Lias calcaire du versant sud de l'Aiguille Croche
vues du sud-ouest (dans l'axe des plis), au téléobjectif,
depuis Les Gibloux.
Le secteur représenté correspond aux ravines situées
à l'aplomb de l'affleurement de Trias de la crête
ouest de l'Aiguille Croche
Ce versant ne montre aucune charnière de pli
couché. Par contre il est traversé sur toute sa
largeur, par une bande, intercalée entre des strates bien
parallèles, où les couches sont basculées
et froissées. La disposition des couches de cette bande
suggère un débitage en tranches de la pile de strates,
par des surfaces de chevauchement (Ø?) dans le
cadre d'un cisaillement subhorizontal (demi-flèches blanches).
|
Aperçu
d'ensemble sur la structure du secteur Megève -
Val Montjoie
carte géologique au 1/50.000° à
consulter : feuille Saint-Gervais
N.B. Les liens entre parenthèses
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