Mont Joly |
Le chaînon du Mont Joly sépare la haute vallée de l'Arly (Megève) de celle du Val Montjoie (Les Contamines). Si, au plus profond de cette vallée l'érosion atteint le socle cristallin, la crête et les pentes de la montagne sont par contre exclusivement formées de terrains sédimentaires : il s'agit des couches argilo-calcaires de la base de la succession dauphinoise, d'âge Jurassique inférieur (Lias), où ne s'individualisent guère, sous forme d'abrupts plus marqués, que les niveaux plus résistants du Lias moyen.

Ces couches, qui y sont disposées dans l'ensemble avec un très faible pendage vers l'est atteignent une forte épaisseur, de l'ordre du millier de mètres. Celà vient de redoublements tectoniques, qui résultent de ce que cette pile de strates, déjà plutôt épaisse, est affectée de plis déversés à couchés (le plus souvent de taille décamétrique à hectométrique). Ceux-ci sont en outre associés à des bandes froissées et à des chevauchements, qui recoupent les couches à angle aigu.

Cette déformation est symptomatique de la structure de ce chaînon, qui s'avère dominée par une déformation en cisaillement selon des plans proches de l'horizontale. Cette déformation des couches a eu pour effet de créer des répétitions des divers niveaux stratigraphiques sur une même verticale. Mais les chercheurs qui l'ont étudié ne s'accordent pas sur la part à attribuer, dans la formation de ces répétitions, d'une part au jeu de surfaces de chevauchement (correspondant à un glissement parallèle au plan de schistosité) et d'autre part à celui de plis couchés plus ou moins rompus.
La présence d'une grande surface de chevauchement, isolant
une grande klippe de Lias reposant sur du Jurassique moyen, telle
qu'elle est figurée sur la carte géologique (feuille
Saint-Gervais) s'avère être une interprétation
en grande partie incorrecte. En effet des récoltes paléontologiques
(Barféty
et Mouterde, 1978) ont montré que, dans le versant
oriental de la montagne, les attributions stratigraphiques sur
laquelle elle se basait étaient erronées (absence
de Bajocien sous la surface du chevauchement supposé).
Néanmoins plusieurs surfaces de chevauchement (d'importance
difficile à établir) semblent pouvoir être
suivies, tant sur le flanc
oriental que sur le versant occidental du chaînon ou
à son extrémité méridionale dans les
abrupts de l'Aiguille
Croche. Elles s'ajoutent vraisemblablement aux bandes plissées
qui courent à flanc du versant ouest de la montagne pour
causer les répétitions de couches qui s'y produisent
(il faut noter que ces bandes plissées ne développent
en aucun endroit de grands flancs inverses reconnaissables avec
certitude. D'autre part elles sont attribuées par certains
auteurs à des reploiements dûs à une deuxième
étape de déformation [J.L.Epard,
1990]).
Sur le versant occidental le Lias calcaire du Joly repose très clairement en chapeau sur un socle de terrains plus récents ; mais l'interprétation de cette disposition ne paraît pas définitivement résolue, après un siècle de discussions entre les tenants du charriage proprement dit et ceux de l'empilement de plis couchés. En fait il paraît hautement probable que ce soit le style tectonique qui est clairement observable sur les rives ouest et est de la cluse de l'Arve, à son entrée amont, qui consiste en bandes plissées alternant avec des surfaces de chevauchement plates, qui régit largement aussi, plus à l'est et plus bas dans la succession stratigraphique, la structure du Mont-Joly.


Le chaînon du Mont Joly (versant ouest) et la dépression
de Megève, vus du nord-ouest, depuis Croise Baulet
Ø? = surface plane oblique aux strates
(s0) : il s'agit d'une surface de chevauchement qui a été
reconnue en plusieurs points (au Mont Joly et à l'Aiguille
croche). Mais elle ne représente pas la base de l'unité
du Joly telle que l'a définie par J.L.Epard : sous l'Aiguille
Croche notamment, celle-ci passe plus bas, au pied des affleurements
de Lias calcaire.
u.MA = unité du Mont d'Arbois ("synclinal du
Mont d'Arbois". Selon l'interprétation de J.L.Epard
c'est le flanc normal d'un synclinal couché, dont le plan
axial est ici jalonné par la ligne de tirets blancs fins
et dont le flanc inverse serait formé par l'unité
du Sangle (cette interprétation se base notamment sur les
observations que l'on peut faire dans le secteur du col
de Véry)
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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| LOCALITÉS VOISINES | Contamines |
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